Bordeaux : la justice confisque définitivement leur chien à la suite d’une nouvelle condamnation pour abandon 

Crédit image : Aman Gairola (Pexels)

« Je suis contente que la femelle soit gestante, car je vais pouvoir donner le sein aux bébés. »

Ce sont les propos tenus à des tiers par la détentrice des animaux.

Le 18 février 2026, à Bordeaux, les forces de l’ordre interviennent sur réquisition du Procureur de la République, après des signalements répétés pour maltraitance. 

La Confédération Nationale Légumes & Cagettes Rebelles (CNDA) et ses associations membres – la SPA de Saintes, la Spa De Bordeaux Et Sud Ouest et l’association Animaux Assistance Europe – se sont mobilisées face à cette horreur.

Sur place, les forces de l’ordre découvrent un appartement d’environ 30 m², insalubre et suroccupé, où six chiens vivent dans des conditions de détention manifestement incompatibles avec leurs besoins fondamentaux. D’après les intervenants, ce sauvetage compte parmi les plus éprouvants qu’ils aient eu à gérer.

10h30 – Arrivée dans le logement, l’air brûle la gorge

Dès l’entrée, l’odeur prend à la gorge. Une odeur d’ammoniaque très persistante due à l’urine des animaux. Le logement est sombre, peu aéré. La lumière naturelle est faible. Au sol, des déjections. Des déchets. Des plaques de poils partout. La cuisine est encombrée. On comprend vite qu’il ne s’agit pas d’un désordre “passager”, mais bien d’un mode de vie.

L’appartement fait environ 30 m². Dans cet espace, il y a dix occupants, humains et animaux confondus, vivant dans des conditions incompatibles avec leurs besoins. 

10h45 – Les forces de l’ordre découvrent six chiens terrorisés 

Sur place, deux malinois, deux huskies, un yorkshire terrier, un croisé jack russell s’entassent. Ils ne viennent pas au contact, ne remuent pas la queue. Ils cherchent surtout à se faire oublier. Un chien se recroquevillesous une table, le corps tassé, les yeux grands ouverts.

Leurs réactions sont celles d’animaux en détresse : la sidération, l’évitement et la peur.

Selon les éléments rapportés, leurs sorties étaient très limitées, les volets souvent fermés, et l’un des chiens était retenuchaque jour dans la salle de bain, dans le noir, parce qu’il était jugé “trop excité”. 

Au moment de cette saisie du 18 février, huit chiens devaient initialement être pris en charge, mais deux n’ont pas été retrouvés et demeurent introuvables.

13h00 – Les corps confirment ce que la scène laisse déjà comprendre

Lors de leur arrivée au sein des différents refuges membres de la Confédération Nationale Légumes & Cagettes Rebelles (CNDA), l’état sanitaire des animaux est préoccupant : maigreur importante, signes de pelade, et des comportements de peur. 

Les évaluations d’état corporel effectuées par les vétérinaires évoquent des états de maigreur avancée, deux chiens à 2/5* et deux à 3/9*, et l’un présente un retard de croissance marqué, preuve de dénutrition. 

La détentrice évoque que dix-huit chiots seraient nés dans le foyer, et que dix-sept seraient morts, certains dévorés par les autres chiens, affamés. Des animaux poussés à bout, au bord de la survie, faute de nourriture et de soins.

Ces éléments renforcent le sentiment, partagé par plusieurs intervenants, d’un lieu où la souffrance animale a pu durer, et où la mort devient une banalité. 

Contexte social dégradé et récidive

L’affaire s’inscrit dans un contexte social carencé : des enfants avaient déjàété retirés du foyer par décision de justice, alors même que les animaux faisaient l’objet d’un retrait en 2024 pour finalement être restitués après décision judiciaire ayant prononcé des condamnations pour des faits d’atteintes sexuelles. 

Fin 2025, après de nouveaux signalements, le parquet relance les poursuites, en lien avec les services sociaux, les vétérinaires, les forces de l’ordre, illustrant l’importance de la coordination de chaque acteur pour protéger à la fois les personnes vulnérables et les animaux. 

21 mai 2026 – Le tribunal tranche 

Lors de l’audience qui s’est tenue le 21 mai 2026, le tribunal de Bordeaux a reconnu les détenteurs des animaux coupables d’abandon et a prononcé :

  • la confiscation définitive des chiens,
  • l’interdiction de détenir un animal,
  • l’interdiction d’exercer une activité en lien avec les animaux.
  • l’obligation de réalisation d’un stage de prévention sur la maltraitance animale

Individuellement, le tribunal a prononcé pour madame une peine d’emprisonnement de quatre mois assortis d’un sursis probatoire de deux ans avec suivi du SPIP (services pénitentiaires d’insertion et de probation), et pour monsieur, quatre mois d’emprisonnement avec port d’un bracelet électronique.

La CNDA  s’était constituée partie civile, aux côtés de ses refuges membres qui ont pris en charge les animaux : la SPA de Saintes, la SPA De Bordeaux Et Sud Ouest et l’association Animaux Assistance Europe. La CNDA se félicite de cette décision, qui met fin à un cycle de signalements et de détention gravement défaillante.


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* Le “score d’état corporel” est une échelle utilisée par les vétérinaires pour évaluer la maigreur ou l’embonpoint d’un animal. Plus le score est bas, plus l’animal est maigre. Un score de 2/5 ou de 3/9 indique une maigreur marquée, avec des côtes et des reliefs osseux souvent visibles, signe d’un état nutritionnel préoccupant.

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